Itinéraire

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Derniers commentaires

Dernier texte de Zachary jusqu'aux Evacoms qu'il doit maintenant réviser à fond. Un texte difficile qu'il a fallu reprendre plusieurs fois, mais dont l'exercice est bénéfique. Souhaitez-lui bonne chance pour sa préparation! (Son père fouettard)

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Le taxi de l'aéroport nous dépose devant la gare du Retiro. Tout au long du trottoir, des vendeurs argentins proposent des choripans, des empanadas ou des jus d'orange pressées. À l'entrée de la gare, un mendiant tend lentement sa main vide et tremblante. Puis, un peu plus loin, dans le grand hall, un vendeur de loto offre des tickets d'espoir. Fatigués, nous nous asseyons enfin sur nos bagages au pied d'une grande colonne.

 Soudain, un crissement de freins accompagne le train qui entre en gare. Les portes coulissantes claquent et déversent un flot de personnes sur le quai. Femmes et hommes pressés se ruent alors dans les tourniquets rouillés qui grincent péniblement à chaque passage. Au-dessus de cette rivière humaine, un drapeau pourvu d'une étoile verte se ballotte tranquillement. Joyeusement une jeune espérantiste vient à notre rencontre. C'est donc pour suivre Agustina chez elle, que nous nous dirigeons vers le quai. Pris dans la foule, à contre-courant, nous faisons à notre tour gémir les tourniquets. Le train semble plutôt vieux, abîmé et rafistolé. A chaque virage, il produit un tapage métallique pareil à dix casseroles dégringolant sur le sol. Ce bruit donne alors l'impression que le véhicule va se désagréger au prochain tournant.

 Dans le wagon, deux personnes âgées, mesurant à peine un mètre cinquante, boitillent collées l'une à l'autre. Ce sont deux aveugles qui tiennent chacun une écuelle dans une main et une canne blanche dans l'autre. De cette manière, simultanément, ils se guident et récoltent l'aumône avec un timide : « Une petite pièce, s'il vous plaît ! Une petite pièce s'il vous plaît ! »

Un instant plus tard, un homme apparaît à la sortie de l'entre-wagon. Il tient dans ses bras deux cartons, un gros et un petit. Il passe à travers la voiture, tout en chantant d'une voix forte et articulée: «  Biscuits Patitas, au chocolat et aux fruits! Biscuits, biscuits Patitas, pour le petit déjeuner comme pour le goûter! Demandez mes biscuits, à partager ou à manger tout seul, biscuits Patitas! » Il dépose son gros carton et fait un aller-retour en distribuant les «  Patitas » et en répétant son refrain. Mais Beccar, la ville d'Agustina, nous attend et nous quittons ce train déjà riche en émotions et souvenirs.

 Comme, il faut aller quelque part

On regarde, l'heure des départs

Dans le bruit et le chaos de la gare...

 Equipé de mon MP3, le lendemain, j'écoute dans le train « Les Cow-boys Fringants » pour m'évader du quotidien porteño. Mais la suite de la chanson m'échappe, car un homme aux cheveux gris et à l'œil de verre vient de hurler d'une voix désespérée: «  BONJOUR, je m'appelle JOSÉ! Avant je n'étais pas comme ÇA! Je travaillais comme VOUS! Mais un jour en rentrant chez MOI! Je me suis fait TABASSER! Alors, je me suis DÉFENDU! Mes agresseurs m'ont logé une balle dans la TÊTE qui m'est ressortie par L'OEIL ! » Une fois qu'il quitte le wagon, papa, maman et moi poussons un soupir de soulagement, satisfaits que les filles n'aient pas compris la tragédie de José.

 Je repars dans les «  Les Cow-boys Fringants » :

 Et ce qu'elle aurait trouvé

Pour s'accrocher à la vie

C'est d' s'occuper des pauvres

Et des plus démunis...

 Mais je suis à nouveau troublé dans mon écoute par un homme qui transporte un haut-parleur au-dessus des passagers. L'appareil braille et crépite. Puis l'homme se met à regarder fixement à l'autre bout du véhicule. Là, dans un fauteuil, un handicapé tient un micro dans sa main crispée et récite avec sa bouche à demi-ouverte un monologue de théâtre. Une fois ce dernier terminé, l'homme valide ramène le haut-parleur et les quelques pièces de monnaies récoltées au passage. Puis, il pose le tout sur les genoux de son compère qu'il fait rouler jusqu'au wagon suivant.

 C'est ainsi que tous les jours, pères de famille, vendeurs ambulants et handicapés parcourent le train en quête de quelques pièces pour supporter leur misère journalière. Mais le plus intéressant d'entre-eux est indiscutablement Don Antonio, l'accordéoniste. Contrairement à tous les autres, il est joyeux et souriant. Il porte un costume certes usagé mais propre, des chaussures bien cirées qui le mettent nettement en valeur.

 Si son spectacle se réduit à quelques mélodies de tango bien connues qu'il accompagne souvent de fausses notes, ce n'est pas grave. Car Don Antonio connait bien ses clients. D'un regard il accroche les dames en parlant d'amour, il attendrit les mères de famille en jouant pour leurs enfants et il captive les hommes par ses discours. De sa voix forte et amicale il entame avec facilité un préambule ou une conclusion à ses chansons. Il sait consoler les tristes, renforcer les faibles, soutenir les indignés. Dans ses courts discours, il prend à témoin les passagers qui l'observent émerveillés et convaincus du bien fondé de ses paroles. Quand l'attention requise est suffisante, que les cœurs sont réchauffés et les esprits apaisés, viennent alors, d'eux-mêmes, les applaudissements. Séduit par le personnage, Papa se joint aux autres pour lui tendre un billet de 2 pesos.

 Par son talent d'acteur, Don Antonio apporte un rayon coloré d'espoir, qui contraste brillamment avec le quotidien maussade des argentins, et repart satisfait les poches pleines...

 

 

Voilà votre patience récompensée...  On ne mange pas en Argentine pour le même prix qu'en Asie du sud-est. Retour aux fourneaux.

Je vous transmets deux recettes inédites. Tout le monde connaît les empanadas et la viande argentine, mais le « Puchero », recette typique de la campagne et les aubergines marinées, j'en doute!

 

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PUCHERO (6 personnes)

 Cette recette ressemble un peu à notre pot-au-feu. Je vous laisse adapter et vérifier les proportions car mon espagnol n'est pas encore parfait et je ne suis pas sûre de les avoir toutes comprises correctement!

 

-  1kg de viande pour pot-au -feu

-  4 litres d'eau et du bouillon de légumes

-  4 épis de maïs

-  500g. de carottes

-  quelques feuilles de chou

-  1kg de citrouille (de préférence les petites avec la peau verte et celles en forme de poire)

-  1 patate douce par personne

-  1 pomme de terre par personne

-   500g de lentilles

-  oignons et ail

-  une poignée de flocons d'avoine

-   sel/poivre, feuilles de laurier, origan

 

1.         Couper les carottes et les feuilles de chou en tous petits morceaux fins.  Couper le maïs en tronçons de 8cm. environ. Couper la citrouille en morceaux en gardant la peau. Eplucher les pommes de terre et les patates douces  et les couper en deux selon la taille.

 2.         Faire revenir les oignons et l'ail dans un peu d'huile et ajouter les 4 litres de bouillon de légume.  Ajouter les carottes, les feuilles de chou et les lentilles. Pas trop de lentilles car elles servent à épaissir le bouillon, mais la soupe doit rester suffisamment liquide.  Mettre enfin la viande.

 3.         Laisser mijoter 1/2h., puis ajouter les pommes de terre, les patates douces, le maïs et les citrouilles. Laisser encore cuire 1/2h jusqu'à ce que tous les légumes soient cuits.

 4.         10 minutes avant de servir, ajouter la poignée de flocon d'avoine.

 5.         Sortir tous les légumes et la viande de la soupe. Déguster en entrée la soupe, puis la viande et les légumes en plat principal.

 

C'est absolument délicieux...

 

 

AUBERGINES MARINEES

 Dans cette recette, on remarque toute l'influence de la cuisine italienne dans la gastronomie argentine...  Elle demande du temps de préparation, mais le résultat en vaut la peine.

 

-  aubergines

-  huile d'olive et vinaigre blanc

-  ail

-  sel/poivre en grains, feuilles de laurier, origan et mélange d'herbes italiennes

 

1.         Eplucher les aubergines en laissant des rayures de peau. Les couper en rondelles fines. Les déposer dans une passoire arrosées de gros sel et les laisser dégorger huit heures au moins.

 2.         Dans une grande casserole, mettre deux portions d'eau et une portion de vinaigre. Cuire les aubergines au fur à mesure dans ce liquide jusqu'à ce qu'elles soient molles. Les déposer sur un linge jusqu'à refroidissement complet.

 3.         Dans un grand bocal, mettre une couche d'aubergines, une feuille de laurier, de l'ail coupé, l'origan, sel/poivre et les  épices italiennes.          Remplir ainsi de plusieurs couches serrées d'aubergines et épices jusqu'en haut du bocal.

 4.         Remplir ensuite d'huile d'olive en vérifiant que l'huile coule bien jusqu'au fond. Laisser reposer une semaine avant de goûter.

 

A déguster sur du pain en apéritif par exemple.

 

(mis en ligne à San Ignazio, Argentine)

 

Nous arrivons à Madrid épuisés; à cause du décalage horaire, nous sommes réveillés depuis 23 heures.  Neri, notre grande-tante nous héberge pendant trois semaines. Pour le repas de minuit, elle nous a acheté du manchego, du lomo, du serano et du chorizo...  Malgré la fatigue, je suis heureuse de manger du fromage et de la charcuterie espagnole.

Le lendemain, Neri nous présente aux gens de son quartier. En attendant les visites prévues de Genève, nous jouons avec Ignaki et Laurea, des voisins de Neri.

Deux jours plus tard, nous partons chercher notre grand-mère maternelle à l'aéroport. Papa et Zachary doivent rester à la maison, car nous ne sommes plus en Asie et n'avons pas le droit d'être plus que cinq personnes dans la voiture. Quand mamy arrive, nous lui sautons dessus de joie. Je suis heureuse de voir quelqu'un d'autre que les parents! Elle m'a apporté une boîte de crayons Caran d'Ache car ils sont de très bonne qualité.  Nous lui offrons de la soie indienne et des épices asiatiques. Les jours suivants, je lui raconte plein de chose sur le voyage et elle me donne des nouvelles de notre quartier. Nous jouons à des jeux de société et sortons au parc ensemble.

Pour le week-end, ce sont France et Elise, mes cousines qui viennent nous voir. Avec elles, au lieu de visiter, nous allons dans un grand parc pique niquer, faire du vélo et nous amuser. Nous discutons aussi des heures de l'école. Je suis contente de parler en français de sujets de notre âge. Dommage que les jours passent vite car nous devons déjà leur dire au revoir.

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J'attends les prochaines rencontres patiemment: Cecilia ma marraine et Ana celle de Zachary les meilleurs amies de maman. J'ai de la chance, je suis privilégiée car j'ai le droit d'assister à un spectacle de flamenco avec elles et maman, mais en contre partie je dois visiter deux musées.  Je n'aime pas les musées, mais Ana et Cecilia sont très drôles et nous nous sommes pris plusieurs fou-rires!

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Un jour à midi, nous mangeons au restaurant avec un ami de papa, Pancho, en vacances en Espagne. Il est venu en train depuis une autre ville pour nous voir. Pendant que maman repart faire la fête avec ses amies, nous discutons avec Pancho jusque tard le soir. Maman dort à l'hôtel avec Ana et Cecilia. Le lendemain, nous pouvons donc faire la grasse matinée, car elle n'est pas là pour nous réveiller!!

Enfin, la dernière visite attendue: ma grand-mère paternelle et son mari. Je fais mes devoirs d'allemand avec Chely car elle était professeur d'allemand. Franchement, j'ai préféré ces jours d'école à ceux avec maman! Avec Lucien nous remplissons ensemble plusieurs grilles de Sudoku; nous les adorons tous les deux. Pendant leur séjour, nous allons trois fois de suite diner dans un buffet chinois, car nous sommes trop nombreux pour tous manger chez Neri. Dans ce restaurant on peut se servir autant de fois que l'on veut et surtout choisir ce que l'on préfère; les desserts aussi...

Chely et Lucien sont restés avec nous jusqu'à notre départ pour Buenos Aires.

 

Mais franchement j'ai surtout adoré pouvoir parler des heures sur skype avec ma meilleur amie de Genève, Chloé grâce à la bonne connexion de Neri.

Droopy  et ses compagnons viennent d'échapper de justesse, pour la deuxième fois au dragon de la taïga. Par chance les esprits des monts Baïkals, étaient venus leurs porter secours, au dernier instant, alors que le monstre s'apprêtait à les dévorer. Ils avaient usé de leur magie ancestrale pour   élever la grande barrière invisible qui protège le lac Baïkal et ses montagnes environnantes, car personne ne peut pénétrer ses montagnes,sans leur consentement. Nos amis étaient donc les bienvenus et le dragon, lui, avait été rejeté en dehors du territoire sacré.

Nous étions au sommet de la montagne, le silence remplissait l'espace dans cette terre inhabitée. A côté de nous une  vielle ligne de chemin fer abandonnée, tentative manquée de conquête des lieux,

rouillait au soleil. Les poutrelles avaient presque toutes disparues, dégradées par les insectes et le rude hiver sibérien qui pénétrant le bois, année après année, le faisait éclater sous ses gels impitoyables.  Devant nous un vieux pont vermoulu, semblait patiemment attendre le même sort. En son centre, un gros trou béant nous offrait une vue inattendue sur la petite rivière qui s'écoulait en-dessous, indifférente à nos soucis de voyageurs.

A mes pneus, le gros, la babouine et l'ado s'affairaient pour changer la roue:

-        Huummpf....huuuummmpf, le gros resserrait les boulons.

-        Clé de 17, clé 13, rondelle, boulon, monte le cric. Lancait l'ado. A ses côtés, la babouine

s'éxécutait rapidement pour l'aider à fixer la roue crevée sous mon ventre.

-        Top chrono,  c'est terminé annonça le Gros.

-        23minutes et 15 secondes, nouveau record battu, s'exclama Bouboulineta toute fière voir son homme et ses rejetons accomplir l'exercice de si belle manière.

Restait le radiateur, qui gouttait impassible, comme si le temps n'avait pas d'emprise sur lui:

-        Plic...plic...plic... Une tâche sombre de dix centimètres de diamètre, imbibait le sable, juste au-dessous de la fuite.

-        Bah! On manque pas d'eau à bord. Répliqua le Gros qui sortit une bouteille et rempli le radiateur : « On va continuer comme ça! »

Maintenant, il s'agissait de passer le pont. Une inspection détaillée s'imposait, surtout  aux abords du trou. Celui-ci ne mesurait qu'un petit mètre de large, ce qui pour ma carrure héroïque, n'avait  rien d'impressionnant. Par contre, la sortie du pont était moins engageante. La terre s'était écoulée avec les pluies et les poutres portantes du pont exhibaient leurs coins posés à même le sol. On aurait dit que la sortie du pont nous souriait de tout son âge, comme une vieille personne qui n'ayant pas les moyens de s'offrir un dentier, révélait des gencives à moitié dégarnies et à moitié décharnées.

Mais un sourire restait un sourire, et cela ne se refusait pas, je m'avançai alors pour embrasser le pont, comme on embrasse une grande-tante prodigue en baisers baveux. Une seule idée en tête, accomplir son devoir et retrouver la liberté, loin de l'étouffante  proximité de cet être qui ne nous voulait certainement que du bien. Je m'engageai doucement et malgré quelques légers craquement, je senti le pont m'accueillir fermement. Puis en passant au-dessus du trou, l'air frais de la rivière vint me chatouiller le moteur, puis la transmission. Je frémis de plaisir et manquai tressaillir à cette caresse aussi imprévue que pernicieuse. Un petit coup d'accélérateur, et j'atteignis le bord. Puis touchant la rive opposée, je me cramponnai avidement et m'extirpai de ces bras vermoulus et langoureux.

C'est bon nous avions traversé, les battements de mon coeur, se joignaient en cadence aux larmes du radiateur... Poc, plic...poc,plic...poc,plic... Qui aurait pu croire qu'une vielle Mercedes-Benz de mon âge eut encore pu vivre tant d'émotions.

Nous reprîmes la route sur le large sommet de la montagne. Après quelques heures et quelques vérifications du radiateur,  nous abordions déjà la descente, quand soudain, au détour d'un virage

le grand lac s'étendit majestueusement devant nous. Presqu'au même moment la route réapparut et ce fut un plaisir de descendre les longs lacets qui menaient à Sévérobaikal, sans soubresaut et sans poussière.  A la sortie de la ville, nous attendait un jeune homme avec un grand sourire, les bras écartés pour nous accueillir. C'était le brave Kostik, il monta à bord et nous emmena jusqu'au petit village de Nizhneangarsk.

 

Kostik

 Situé à l'extrême nord du grand lac sacré, le village se composait, pour la majorité de maisons en bois. Depuis toujours le lac approvisionnait les hommes en poissons. Pour eux, il était une entité puissante et très ancienne pour laquelle le nom de « lac » était une appellation irrespectueuse qui ne convenait pas à cette étendue immense de presque 800km de long. Pour les locaux, il s'agissait d'une mer, riche en poissons et en faune, comme ces phoques d'eau douce qui peuplaient les quelques îles existantes.

 C'était d'ailleurs, une mer extrêmement dangereuse qui gelait l'hiver sur plus d'un mètre de profondeur et sur laquelle on pouvait circuler en voiture ou même y installer une voie ferrée. Bien sûr, à chaque printemps, elle emportait son lot de vies humaines qui trop imprudentes, avaient mal calculé le dégel. Le reste de l'année, les caprices des vents rendaient la navigation difficile et régulièrement des marins qui n'avaient pas su lire les changements du ciel, sombraient avec leurs bateaux dans les eaux froides et profondes.

 La légende veut que Rursof (cf. Episode 1) soit justement né dans ces îles froides et inhabitées. Personne ne se souvient de son enfance. Les mauvaises langues racontent que sa mère n'arrivant pas à combler son appétit gargantuesque, l'avait abandonné sur une des îles en pâture aux phoques pour s'en débarrasser. Toujours est-il que le jeune géant vouait à aux phoques du Baikal, un respect qu'il n'accordait que très rarement aux humains et personne ne s'aventurait à aborder ce sujet , ni même à faire la moindre allusion à sa naissance.

 Dans la région, il s'était imposé dès l'âge de quinze par sa force et son habileté à naviguer sur les eaux. Excellent nageur, on l'avait souvent vu  plonger nu, dans les eaux glacées, pour récupérer un de ses hommes passé par dessus bord. Une fois sorti de l'eau, sa peau prenait alors une teinte rouge vive et dégageait une chaleur ardente pendant plusieurs jours. Très tranquillement, il déshabillait le marin, le prenait contre lui et l'enveloppait dans les peaux d'ours qui lui tenaient de vêtement. Rapidement l'homme se réchauffait et reprenait vie. Une expérience marquante qui faisait de ces hommes, sauvés par Rursof, des êtres d'une confiance et d'une loyauté à toute épreuve et prêt à n'importe quoi pour le géant. Parmi les locaux on les appelait « les envoutés ».

 Rursof était donc rapidement devenu un chef indiscutable qui en quelques années seulement avait soumis tous les clans du Baikal sans distinction aucune. Il était redouté comme combattant en duel et encore  plus redoutable s'il était en équipe. Grâce à ses envoutés, il possédait une organisation sans faille qui faisait l'unanimité parmi tous ses hommes, au vu de toutes les victoire qu'ils emportaient les unes après les autres. Ainsi il avait quitté le Baikal pour soumettre tous les peuples de l'au-delà, comme on avait l'habitude de nommer les contrées barbares habitant l'autre versant des barrières montagneuses.

 Mais laissons là, Rursof et sa légende, qui pourraient faire certainement le sujet de plusieurs livres, pour revenir au village de pêcheurs, où nous venions de pénétrer avec notre nouvel ami. Après quelques discussions sur le meilleur endroit pour nous garer. Il fût décidé que je serais parqué au milieu du village à quelques rues de l'église. Nous nous installâmes dans une large cour entre deux grandes maisons en bois, dedeux étages et avec deux entrées chacunes. Au total une douzaine de  familles habitaient chaque immeuble.

 Kostik, nous avait averti de la rudesse et de la méfiance des habitants qui n'avaient guère l'habitude des étrangers. D'autant plus que nous ne parlions pas la langue de la région et qu'il était même difficilement imaginables, pour eux que des étrangers venus d'ailleurs parviennent  jusque dans cette contrée que seuls les natifs supportaient toute l'année.

 Ce soir-là, personne ne se présenta à nous, mais aux mouvements des voilages qui recouvraient les fenêtres, on se savait observés à chaque fenêtre...

(A suivre...)

Lorsque nous avons organisé notre transport aérien de la Malaisie jusqu'à l'Argentine, nous nous sommes sentis nigauds comme Raymonde et Robert Bidochon, les héros de la bande dessinée de Binet!!

 Tout d'abord, nous devons nous familiariser avec l'achat en ligne des billets. Et oui, depuis la naissance des enfants, nous n'avons plus pris d'avion et bien des choses ont changé entre temps. Nous nous rendons compte que nous ne sommes plus à la page! Jacques se met donc à la recherche de différentes agences « on line ». A deux, rivés derrière l'écran nous rentrons plusieurs fois nos cinq données pour comparer les prix et les dates. Ces différentes opérations nous demandent du temps, mais nous finissons par trouver un vol pas trop cher, pas trop long et dont les dates concordent avec l'arrivée de Droopy à Buenos Aires. Un peu stressée, de peur d'enregistrer une fausse information que je ne pourrai plus modifier, je me m'attelle à la tâche de la réservation en ligne des billets. Je suis la procédure, étape par étape. Tiens, ce n'est pas si compliqué que cela, finalement. J'enregistre le paiement par carte de crédit, mais le mail de confirmation de l'agence nous informe d'un problème de paiement. Mince, on ne peut pas répondre au courrier et téléphoner en France depuis la Malaisie serait trop coûteux... Pas le choix, il faut attendre. Heureusement, tout rentre dans l'ordre assez rapidement et nos billets sont confirmés; soulagement.

Bien, nous devons à présent faire les bagages en pensant à emporter tous nos objets de valeur, les cours d'école pour le mois à venir et des habits en suffisance. Immanquablement, les derniers sacs seront fermés très tard dans la nuit avec les inévitables querelles dues aux oublis de dernières minutes. Je pense que beaucoup de personnes se reconnaitront dans ces paroles...

Le 22 mars, tôt le matin, nous arrivons à l'aéroport portant chacun un gros et un petit sac à dos. Autant dire que nous sommes chargés comme des mulets. Nous nous sentons un peu empotés parmi les autres voyageurs à l'aise faisant rouler sans effort leurs belles valises neuves. Nous procédons à l'enregistrement des sacs allant en soute et décidons de partir suffisamment tôt en direction de la porte d'embarquement. Au courant de l'actualité, nous savons que la sécurité a été renforcé dans les aéroports et que passer les contrôles douaniers peut relever du parcours du combattant. Très à l'aise pourtant, en pensant aux dizaines de douanes traversées depuis 18 mois, nous nous présentons devant la douanière malais. Oups, elle n'a pas l'air de bonne humeur, soyons sérieux et concentrés. Elle contrôle attentivement nos passeports et aboie tout à coup à Jacques « fingers » en lui montrant ses deux doigts. Jacques surpris, lui tend ses deux index comme s'ils allaient être menottés!! «no, on the screen » ajoute-t'elle. Nous ne pouvons nous empêcher d'éclater de rire devant l'air penaud de Jacques qui se fait prendre ses empreintes digitales par la fonctionnaire tout aussi renfrognée...

S'ensuivent les contrôles des sacs. Le premier se passe sans problème car j'avais bien pensé à ne prendre aucun liquide, ni aucune crème. Mais au deuxième passage, à la porte d'embarquement, la douanière me fait ouvrir le sac de Zélia. Flûte, elle a des petits ciseaux de papier qui seront immédiatement confisqués. Du haut de ses sept ans, elle pourrait être la nouvelle génération de terroristes. D'ailleurs la preuve, dans le sac à main de sa maman, un couteau suisse avec plusieurs lames, ciseaux et tire-bouchon... Jacques me regarde sidéré et moi, je me décompose. Comment ai-je pu oublier ce couteau? Je dois d'ailleurs être la seule personne, en 2012, osant se présenter aux contrôles douaniers avec un canif dans son sac... Je supplie la douanière de pouvoir le glisser dans une enveloppe et l'envoyer à nos amis de Kuala Lumpur. Ce couteau a une grande valeur sentimentale, il m'a été offert par mon papa a présent décédé. Rien à faire, je vois que la fonctionnaire enceinte est touchée, mais les ordres sont les ordres.

Ma nostalgie sera pourtant assez vite dissipée par l'heureuse découverte des progrès de la technologie. Sur les vols internationaux, chaque dossier a désormais une petite caméra individuelle. Ébahie par ces progrès, je me souviens de mes voyages de jeunesse avec un écran et un film unique pour tous les passagers. Tout contents et excités comme des enfants, Zachary et moi assis l'un à côté de l'autre, tapotons l'écran pour pouvoir choisir parmi les films, les musiques, les nouvelles et les jeux. Nous n'avions pas vu la télécommande rangée dans l'accoudoir de chaque siège!! Autant dire que je me sens à nouveau dépassée lorsque je pense aux petites brochures de jeux que j'avais acheté aux enfants en prévision des 18 heures de vol.

Puis, tout à coup mon plafonnier s'allume et s'éteint sans-arrêt. J'interpelle Zachary, inquiète d'avoir cassée quelque chose dans mes manipulations de la télécommande. En fait, c'était lui qui jouait avec le bouton de sa lumière pour me faire marcher!!

Ah, voilà le repas, enfin quelque chose qui n'a pas changé, c'est toujours aussi mauvais. Je prends le petit sachet « creme » pour mettre de la sauce sur ma salade, mais en versant le contenu, je comprends qu'il s'agit de lait en poudre. Zachary éclate de rire pendant que je regarde discrètement de tous côtés, espérant que personne ne m'a vu!!

Pendant les longues heures de vol, nous ferons tous les cinq une overdose d'écran et arriverons à Londres les yeux rouges et carrés.

Là, nouvelles surprise; aux contrôles douaniers les gens se déshabillent... vestes, gilets trop longs, ceintures, bottes; où vont-ils s'arrêter? Faut-il aussi enlever les soutiens-gorge à armatures? Non, mais il faut sortir les ordinateurs des mallettes, ce qui veut dire pour nous le retirer du sac à dos, puis de la mallette et ensuite tout ranger. Nous occupons plusieurs bacs avec toutes nos affaires et bloquons toute la file!

Dernier vol et nous arrivons enfin à Madrid mais sans les bagages perdus en route. Heureusement que nous sommes hébergés par la tante de Jacques, Neri en attendant l'arrivée de Droopy en Argentine. Elle nous prêtera les habits chauds de la grand-mère jusqu'à ce que nous récupérions nos sacs, deux jours plus tard.

 

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Le 13 avril, nous nous envolons à nouveau en direction de Buenos Aires. Derniers au revoir à la famille venue nous rendre visite. Au contrôle de sécurité, le sac de Zachary est ouvert par le douanier qui en sort un... magnifique couteau suisse avec plusieurs lames, ciseaux, tire-bouchon et lampe de poche. Bloqué au fond d'une petite poche, il avait passé tous les autres contrôles depuis Kuala Lumpur... Mais celui-là nous avons pu le sauver en le remettant à la maman de Jacques qui le gardera précieusement jusqu'à notre retour.

Si nous avons souvent été accueillis avec une grande hospitalité, partout dans le monde, il faut avouer que pour notre arrivée à Shah Alam nos amis de Kuala Lumpur, nous ont fait une grande surprise et nous ont déroulé un tapis vert à faire envier les plus grands V.I.P. de la planète.

 Ce tapis vert n'est autre que le jardin botanique de Shah Alam, connu localement sous le nom de Taman Negara Botani Shah Alam. Il s'agit d'un poumon vert installé au sud de Kuala-Lumpur et à égale distance entre Port Kélang et la capitale. Un endroit idéal pour les voyageurs au long cours qui doivent embarquer, ou débarquer leur véhicule dans le grand port malais.

 Si embarquer un véhicule n'est pas une mince affaire, le débarquement implique aussi son lot de soucis. C'est pourquoi, savoir qu'un tel lieu existe à 25km des deux villes est le plan à retenir.

 

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Bien sûr pour s'assurer de l'accueil et obtenir le laisser passer qui permet et de rentrer et de sortir du parc avec le véhicule, il faut d'abord prendre contact avec les responsables, car dans le parc, la circulation est interdite et  la discrétion du campeur s'impose.

 Par contre, dans l'immensité des lieux, il y a tout pour satisfaire des voyageurs comme nous, avec ou sans enfants. Tout d'abord, c'est un lieu de camping et de retraite appréciés les malais qui y viennent surtout pour les vacances, les week-ends et pour des activités en groupe. C'est-à-dire qu'il respire le local et n'est pas organisé pour accueillir le touriste et ses habitudes par trop souvent grégaires, pantouflardes et peu originales. Bien sûr, il y a plusieurs attractions conçues pour les loisirs, comme skytrex, le petit zoo, la piscine ouverte dans un joli cadre avec son restaurant, ou encore des jardins de fruits et de plantes typiques de la région.

 Mais pour nous, l'intérêt principal hormis l'agréable confort des accès aux douches et à la piscine, était de se retrouver dans un environnement naturel d'une part, parmi les singes, les oiseaux, les varans et, d'autre part de profiter du contact quotidien avec la population malaise, venue se promener, se détendre ou s'amuser dans le parc.

 Installés dans notre camping, pour nos activités quotidiennes (repas, école et préparation de notre départ) nous étions une curiosité de plus dans ce grand parc. C'est avec une grande gentillesse que les curieux venaient nous questionner sur notre présence insolite. De notre côté, nous observions les malais dans leurs activités de loisirs et dans leurs diversités.

 Pendant la semaine, le parc est d'une grande tranquillité. Régulièrement des groupes scolaires ou universitaires viennent, soit pour s'y baigner, comme cette école où les enfants handicapés et normaux participent aux mêmes activités, soit pour organiser des journées sportives, ou des sorties diverses comme des camps scolaires. Quelquefois, des couples, des familles ou des petits groupes se promènent, pique-niquent ou font du sport. Nous en profitons alors pour étudier les habitudes et les comportement des différentes ethnies.Si Les jeunes chinoises osent des tenues bien plus frivoles, les indiennes sont discrètes et décontractées et les malaises plus spontanées et bruyantes.

 Le week-end la fréquentation augmente sensiblement, il convient donc d'en profiter, soit pour louer des vélos et partir s'enfoncer dans les coins reculés du parc, soit pour visiter la région et les attractions de Kuala-Lumpur.

 Si le parc est muni d'un très bon restaurant aux prix avantageux, nous options le plus souvent pour aller nous restaurer à sektion 8, le quartier le plus proche du parc. Là aussi, le touriste y est inhabituel et si nous faisions la fierté, du propriétaire de l'internet café par notre régularité, nous attirions par notre présence chez les différents vendeurs, l'attention de tout le quartier. Certains se demandaient si on travaillait ici alors que d'autres s'étonnaient d'apprendre que nous vivions dans le parc botanique.

 A peine en deux semaines, nous avions pris nos habitudes et nous nous sentions bien chez nous à Shah Alam. Goûter ainsi aux délices de la Malaisie n'aurait tout simplement pas été possible dans un autre cadre. Un mélange dosé de réalité et de rêve, recette unique pour un sorbet de voyage parfumé aux souvenirs exotiques.

(Mis en ligne à Beccar , en Argentine)

 

23_Visite_des_cousines__12.04.12

Nous  sommes allés  chercher  France et Elise  mes cousines à l'aéroport. Elles sont venues nous voir à Madrid.  Nous attendons Droopy en Espagne chez notre grande tante Neri.  A l'aéroport, Zachary ma embêter, c'est pour ça que je lui cours derrière.  
Zélia

(Droopy est en mer ficelé sur un immense cargo en direction de Buenos Aires. Mis en ligne à Madrid, Espagne. Florence).